Les économies tant promises grâce à l’isolation : parlons-en avec de vraies sources à l’appui
- Isolation Bourassa

- il y a 5 jours
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Lorsqu’on parle d’économies d’énergie, les chiffres moyens ne représentent pas toujours la réalité des maisons qui ont de graves problèmes d’isolation.
Dans notre domaine, les propriétaires qui nous appellent vivent généralement une situation beaucoup plus importante : chauffage presque toujours en fonction, planchers froids, courants d’air, pièces difficiles à réchauffer et thermostats constamment montés ou descendus.
Ce ne sont pas des maisons qui recherchent une faible amélioration. Ce sont des bâtiments qui perdent tellement d’énergie qu’en bon québécois, on peut dire qu’ils chauffent le dehors.
Dans une maison ancienne, peu étanche et très mal isolée, une réduction de 40 à 50 % des besoins de chauffage peut être réaliste lorsque les principales pertes sont corrigées.
Dans les cas les plus déficients, des économies de chauffage de 50 à 60 % peuvent également être possibles lorsque les travaux touchent une partie suffisamment importante de l’enveloppe.
Ces pourcentages ne constituent pas une garantie pour chaque maison. Ils représentent le potentiel des bâtiments qui partent de très loin.
Quand la chaleur traverse toute la maison
Selon Hydro-Québec, les parois d’une habitation — toit, murs, planchers, fenêtres et autres composantes — sont responsables d’environ 75 % des pertes de chaleur. Les fuites d’air et la ventilation peuvent représenter les 25 % restants.[1]
Hydro-Québec précise également que le chauffage des espaces représente en moyenne environ 50 % de la consommation énergétique des ménages québécois.[1]
Lorsqu’il fait -20 °C à l’extérieur et que les occupants veulent maintenir une température de 22, 23 ou 24 °C, la maison doit résister à un écart de température considérable.
Si le grenier, les murs, les fondations, les solives de rive et les planchers présentent tous des faiblesses, le système de chauffage doit continuellement remplacer la chaleur qui s’échappe.
Plus les occupants aiment avoir chaud, plus ces pertes coûtent cher.
Le problème ne se limite pas à la facture
Une maison mal isolée est également difficile à contrôler.
Le thermostat peut indiquer 22 °C, mais les murs extérieurs, les planchers et certaines pièces demeurent froids. L’occupant augmente alors le chauffage pour tenter de réchauffer les zones inconfortables.
La pièce située près du thermostat devient trop chaude. Le thermostat est redescendu.
Dès que le chauffage arrête, la température chute rapidement et il faut recommencer.
Le programme Rénoclimat reconnaît d’ailleurs parmi les signes d’une maison peu performante les factures de chauffage élevées, les planchers froids, les courants d’air et la difficulté à maintenir une température intérieure constante et confortable.[2]
Ce mouvement continuel entre trop froid et trop chaud n’est pas toujours un problème de thermostat.
Il peut surtout indiquer que l’enveloppe de la maison ne conserve pas suffisamment l’énergie produite.
Pourquoi des économies de 40 à 60 % sont crédibles
La SCHL définit une rénovation énergétique profonde comme une rénovation globale de l’enveloppe et des systèmes du bâtiment visant une réduction de 50 % ou plus de l’énergie consommée par rapport à la situation initiale.[3]
Ressources naturelles Canada indique également qu’une rénovation profonde peut permettre d’économiser jusqu’à 60 % des coûts énergétiques d’un bâtiment.[4]
Ces rénovations peuvent comprendre l’isolation, l’étanchéité, les portes et fenêtres ainsi que l’amélioration des systèmes de chauffage, de climatisation et de ventilation.
Il ne faut donc pas attribuer automatiquement tout ce pourcentage à une seule petite intervention.
Cependant, ces données démontrent qu’un bâtiment très déficient peut bel et bien présenter suffisamment de pertes pour permettre une réduction majeure de sa consommation.
Une recherche publiée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement s’est même penchée sur des rénovations très performantes de l’enveloppe de maisons à ossature de bois visant à réduire de 75 % ou plus l’énergie consacrée au chauffage.[5]
Les économies de 40 à 60 % ne sont donc pas irréalistes lorsqu’une maison possède plusieurs déficiences importantes et que les travaux corrigent une grande partie de celles-ci.
Les maisons présentant le meilleur potentiel cumulent souvent plusieurs problèmes :
un grenier insuffisamment isolé;
des murs froids ou peu isolés;
des fondations non isolées;
des solives de rive ouvertes;
des planchers froids au-dessus d’un garage ou d’un vide sanitaire;
de nombreuses infiltrations d’air;
un isolant déplacé, affaissé ou mal installé;
des zones complètement oubliées;
une absence de continuité entre les différentes parties de l’enveloppe.
Lorsque plusieurs de ces pertes sont corrigées, leurs effets s’additionnent.
Les meilleurs matériaux ne remplacent jamais une bonne main-d’œuvre
On peut choisir le meilleur isolant, la meilleure membrane et la valeur R la plus élevée possible. Si le travail est mal exécuté, la performance réelle ne correspondra jamais à celle annoncée sur papier.
Une enveloppe efficace doit être continue.
Une section trop mince, un joint mal scellé, une cavité oubliée ou une mauvaise adhérence peut devenir le maillon faible de tout l’assemblage.
Ressources naturelles Canada rappelle que le choix du matériau et sa bonne installation sont tous deux nécessaires pour que les travaux produisent le résultat attendu.
L’organisme décrit également l’uréthane giclé à cellules fermées comme une méthode d’isolation de grande qualité qui devrait être appliquée par un installateur certifié.[6]
Toutes les valeurs R du monde ne peuvent donc pas compenser un manque de rigueur.
La constance de l’applicateur d’uréthane
Dans l’application de l’uréthane giclé, la maîtrise de l’applicateur influence directement l’uniformité du résultat.
Un applicateur expérimenté maintient une distance, une vitesse et un mouvement constants. Il observe la réaction du produit et construit son épaisseur de façon régulière.
Lorsque l’application est constante :
l’épaisseur varie moins;
le matériau est plus uniforme;
la résistance thermique est plus constante;
la barrière contre le froid présente moins de points faibles;
l’étanchéité est plus continue.
Une application moins maîtrisée peut laisser des creux, des sections trop minces, des accumulations inutiles et des jonctions incomplètes.
Il ne suffit donc pas d’obtenir une bonne épaisseur moyenne. Une section très épaisse ne compense pas une autre section trop mince.
La chaleur trouvera toujours le chemin offrant le moins de résistance.
Le produit compte. L’équipement compte. La valeur R compte. Mais la personne qui tient le pistolet demeure l’un des éléments les plus importants de la performance finale.
Économies de chauffage et facture complète
Une économie de 50 % sur le chauffage ne signifie pas automatiquement que la facture complète d’électricité diminuera de 50 %.
La facture comprend aussi l’eau chaude, l’éclairage, la cuisson, les électroménagers, les appareils électroniques, la piscine ou la recharge d’un véhicule électrique.
Prenons une maison qui dépense environ 4 000 $ par année uniquement pour se chauffer :
une économie de 40 % représente 1 600 $ par année;
une économie de 50 % représente 2 000 $;
une économie de 60 % représente 2 400 $.
Dans certaines maisons très énergivores, lorsque des travaux ciblés corrigent une faiblesse majeure, les économies peuvent parfois rembourser l’investissement initial en seulement 2 ou 3 ans.
Par exemple, des travaux de 5 000 $ produisant environ 2 000 $ d’économies annuelles seraient récupérés en deux ans et demi.
Ce délai dépend évidemment du coût des travaux, de la consommation initiale, du prix de l’énergie, de la température maintenue et de l’importance des pertes corrigées. Il ne s’agit pas d’une garantie universelle.
Cependant, selon notre expérience sur le terrain, les propriétaires qui dépensaient une fortune pour chauffer une partie précise et très déficiente de leur maison peuvent parfois récupérer leur investissement beaucoup plus rapidement qu’ils ne le pensaient.
Une fois les travaux remboursés, l’économie continue ensuite année après année.
Mesurer les résultats avec EnerGuide/Rénoclimat
Pour obtenir une mesure plus précise, le propriétaire peut demander une évaluation énergétique EnerGuide/Rénoclimat avant de commencer les travaux.
Rénoclimat est le programme québécois. Le système EnerGuide est utilisé pour établir la cote énergétique de la maison.
L’évaluation EnerGuide/Rénoclimat comprend notamment une inspection du bâtiment et un test d’infiltrométrie.
Ce test mesure le niveau d’étanchéité de la maison et aide à repérer l’emplacement et l’importance des infiltrations d’air.[2]
Après les travaux, une seconde évaluation EnerGuide/Rénoclimat peut être effectuée.
Le conseiller vérifie les travaux, mesure de nouveau l’étanchéité et établit une nouvelle cote EnerGuide.
Le propriétaire peut alors comparer la performance de son habitation avant et après les travaux ainsi que les économies d’énergie annuelles estimées.[7]
La véritable récompense de notre travail
Tout cet article parle de pourcentages, d’économies, de valeur R, d’étanchéité et d’épaisseur.
Mais la véritable récompense de notre travail se trouve ailleurs.
C’est lorsqu’une pièce peut enfin être maintenue à la température idéale, de façon stable et contrôlée, sans devoir continuellement jouer avec les thermostats.
C’est pouvoir conserver la fraîcheur produite par la climatisation pendant l’été et garder une chaleur constante pendant l’hiver.
C’est ne plus avoir une pièce trop chaude pendant qu’une autre demeure glaciale.
C’est ne plus sentir la température chuter dès que le chauffage arrête ou que le vent se lève.
C’est pouvoir profiter de toute sa maison, en toute saison, sans combattre continuellement les variations de température.
Les économies peuvent être calculées en dollars.
La résistance thermique peut être mesurée.
L’étanchéité peut être testée.
Mais le confort obtenu après des travaux bien exécutés, ainsi que la qualité de vie qui l’accompagne, est inestimable.

Sources
[1] Hydro-Québec — « Réduction des fuites d’air et isolation thermique ». Hydro-Québec indique que les parois représentent environ 75 % des pertes de chaleur, que les fuites d’air et la ventilation peuvent représenter les 25 % restants et que le chauffage des espaces représente en moyenne 50 % de la consommation énergétique des ménages québécois.
[2] Gouvernement du Québec — Programme Rénoclimat et test d’infiltrométrie. Rénoclimat précise que ses évaluations utilisent le système de cote EnerGuide, comprennent un test d’infiltrométrie et permettent de repérer les infiltrations d’air et les problèmes de confort.
[3] Société canadienne d’hypothèques et de logement — Définition d’une rénovation énergétique profonde. La SCHL définit ces travaux comme une rénovation globale visant une économie d’au moins 50 % de l’énergie utilisée sur place.
[4] Ressources naturelles Canada — Rénovations énergétiques profondes. Le gouvernement fédéral indique qu’une rénovation profonde peut permettre d’économiser jusqu’à 60 % des coûts énergétiques d’un bâtiment.
[5] Société canadienne d’hypothèques et de logement — « Highly energy efficient building envelope retrofits for houses ». Cette recherche fournit des stratégies de rénovation de l’enveloppe résidentielle visant une réduction de 75 % ou plus de l’énergie consacrée au chauffage.
[6] Ressources naturelles Canada — Guide « Emprisonnons la chaleur ». Le guide insiste sur l’importance du choix des matériaux, de la qualité de l’installation et recommande que l’uréthane giclé à cellules fermées soit appliqué par un installateur certifié.
[7] Gouvernement du Québec — Évaluation énergétique Rénoclimat après travaux. Le conseiller vérifie les travaux, réalise un nouveau test d’infiltrométrie, établit la nouvelle cote EnerGuide et fournit des documents permettant de constater les résultats et les économies annuelles.



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